Expressions urbaines

Expressions urbaines

L’Institut culturel Bernard Magrez vous donne rendez-vous au Château Labottière (Bordeaux) jusqu’au 1er février 2015 avec plus de trente artistes français et étrangers, quatre-vingts œuvres de street art, graffiti et lowbrow issues de trois collections (galerie du jour Agnès B. Nicolas Laugero Lasserre, Spacejunk Art Centers) ainsi que sept artistes invités à réaliser des installations in situ (Alber, Invader, Jef Aérosol,  Monkey Bird Crew, Rero, Rouge, Swoon).

 

Rencontre avec Nicolas Laugero Lasserre,
commissaire de l’exposition.

 

Vous êtes collectionneur, directeur de l’espace Pierre Cardin à Paris, président – fondateur du site web Artistik Rezo, qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet de l’exposition “Expressions urbaines” pour en accepter le commissariat ?
Le mouvement graffiti dans sa démarche vandale ainsi que le street art, plus figuratif, me passionnent depuis une P1160344quinzaine d’années. Mais, c’est uniquement à partir de 2008 que je suis devenu actif dans ce milieu, à travers l’organisation de 5 à 6 expositions par an. Ma rencontre avec la scène street art bordelaise remonte à 2012, lors de la création de la maison des ventes Vasari Auction que j’ai inaugurée. Ça a été une aventure exaltante accompagnée de belles rencontres : Pierre Lecaroz (Pôle magnétique), Anne K et de nombreux artistes locaux. Alors quand Bernard Magrez m’a proposé d’être le commissaire de l’exposition “Expressions Urbaines” j’ai accepté immédiatement. Mais exposer des tableaux sur des cimaises ne suffisait pas, à mes yeux, à rendre compte de la force et de l’énergie du street Art. C’est pourquoi, nous avons demandé à sept artistes d’intervenir in situ. Les œuvres éphémères de Swoon, Réro, Invader ou Jef Aérosol ont ainsi rejoint celles d’artistes locaux que nous avons choisi de soutenir : Rouge, Monkey Bird Crew et Alber.

 

Présenter le street art dans le cadre d’une exposition ne revient-il pas à “l’institutionnaliser” et à le sortir de sa vocation première ?
La rue est l’essence du street art. C’est là qu’on l’apprécie. Mais parallèlement, les artistes développent un travail d’atelier et produisent des œuvres à part entière qui alimentent le marché de l’art. Pour y parvenir, ils doivent opérer une véritable mutation entre le travail de rue et celui de l’atelier. Mais on retrouve toujours dans leurs créations une dose infinie de fougue et de liberté. Il n’y a aucun risque d’enfermer ces artistes.

L’exposition “Expressions urbaines” donne un formidable coup de projecteur sur le street art, le graffiti et le lowbrow. Cette forme “d’institutionnalisation” permet in fine une meilleure acceptation de cet art dans la rue, avec notamment la mise en place de murs tolérés.

La rue est l’essence du street art.

Quelle place occupe Bordeaux sur la scène du Street Art ?
À Bordeaux tout a évolué très vite grâce à l’intervention des artistes. On constate qu’il y a une vraie scène émergente avec notamment les Monkey Bird Crew, Rouge, Zarb, le collectif Full Color, mais aussi des lieux audacieux tels que l’espace Darwin qui sont autant de catalyseurs artistiques. Bordeaux a donc tous les atouts pour devenir une ville incontournable du street art en France.

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait passer du statut d’amateur à celui d’acheteur / collectionneur et qui n’a pas les moyens de s’offrir un Banksy ?
Quand on commence avec de petits budgets, il faut s’orienter en priorité vers l’achat de dessins produits en ateliers ou de sérigraphies et ne pas hésiter à contacter les artistes directement. Il faut aussi être patient et prendre le temps de se former pour connaître le marché. Mais la condition sine qua none pour devenir collectionneur, c’est d’être passionné et de respecter l’ADN du street art.

 

www.institut-bernard-magrez.com/expositions/expressions-urbaines-street-art-graffiti-lowbrow

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