Les Compostiers

La poubelle philosophale

Le printemps arrive et Les Compostiers sont sur le qui-vive. Le début de saison en jeu est doublement stratégique pour une association d’initiative citoyenne qui milite pour faire adopter un nouveau modèle de gestion des déchets. Primo, il faut se tenir prêt à recouvrir le sol de leur compost urbain pour le préparer aux prochaines plantations. Deuxio, c’est le moment de faire décoller leur pétition pour les prochaines municipales : « Futurs élus municipaux de l’agglomération Lyonnaise : Le compost collectif en milieu urbain : les citoyens sont prêts, et vous ? ». L’interpellation devrait retenir l’attention de la communauté de commune du Grand Lyon qui a engagé en juin 2009 un plan de prévention ayant pour objectif de diminuer de 30% la quantité de déchet d’ici 2030. Alors, comme le dit le site du Grand Lyon en parlant des capacités du compostage collectif « Avec 62 000 tonnes de déchets fermentiscibles qui pourraient être évités chaque année, le jeu en vaut la chandelle ».

Le projet de l’association Les Compostiers semble de prime abord plutôt invraisemblable pourtant il fonctionne et prend de l’ampleur dans la ville des Lumières. L’aventure a commencé avec une petite ampoule écoénergétique qui s’est allumée dans la tête de Mathieu Bruneau et Bastien Copetti en février 2009 lors d’une journée de formation et de sensibilisation en rudologie à Chambéry. De là, beaucoup de motivation et d’audace ont permis au projet d’éclore sous forme de composteurs et de lombricomposteurs collectifs et autogérés dispatchés aux quatre coins de l’agglomération lyonnaise.

Utopique et pourtant bien réaliste ; aujourd’hui Les Compostiers c’est 11 000 foyers impliqués, 34 sites en autogestion et 33 400 euros d’économie par an dans la gestion des déchets en évitant d’incinérer ou d’enfouir les matières organiques. Pour ce faire, l’implication citoyenne est la clef de voûte du compostage. Et tant mieux car c’est aussi la création de lien social et de vie de quartier. Qui eut cru qu’un composteur soit aussi entremetteur ?

Utopique et pourtant bien réaliste

Sans compter ses innombrables autres qualités en matière de production locale, sa capacité à réintégrer la nature dans la ville et à fournir un amendement naturel pour le sol. Sachant que le compostage fait perdre 80% de la masse organique initiale, la distribution du compost se repartie entre les jardins publics ou chez les particuliers possédant des plantations.

Le but final étant de parvenir à l’autogestion des composteurs par les citoyens, des temps de formation sont organisés pour leur mise en place. L’alchimie du compost ne se fait qu’à partir d’un équilibre fragile entre matières brunes (carbone), vertes (azote), de l’eau et de l’air. Un écosystème difficile à improviser si votre grand père ne vous a pas dévoilé les mystères de sa caisse au fond du jardin. Un accompagnement est donc assuré par un membre des Compostiers en cas de dégénérescence inquiétante.

Vous êtes lyonnais et le compost vous fait rêver ? Ne manquez pas de rencontrer l’escouade des Compostiers du 2 au 5 avril pour fêter leur 5 ans et boire du jus de…

 

La pétition

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