clementine pipi©Amandine Levy Archiraar Gallery

Amandine Levy

 

Prendre des photos pour les soumettre aux pinceaux permet à Amandine Levy de sacraliser des moments de vie. Ainsi elle donne à ses peintures une vie unique que les photos démultipliées, dupliquées et partagées à l’infini, n’auraient pas eue ! Elle emprunte les codes de la photo pour les appliquer à ses œuvres, où règnent environnement urbain et technique classique. Amandine Levy vit entre Bruxelles et Paris, représentée par Archiraar Gallery (BE).

 

Interview d’Amandine Levy par Vibration Clandestine

Group sleeper II©Amandine Levy Archiraar Gallery
Group sleeper II©A. Levy

 La série de peinture US, chaque tableau est issu d’une photographie. Comment t’est venue cette façon de peindre ? Quel est a été le facteur déclencheur de cette méthode ?
Il est difficile à notre époque de se dissocier de la photographie dans un travail figuratif et de surcroît réaliste. J’ai toujours fonctionné en utilisant la photographie dans mon travail. Au départ je faisais de la photogravure de paysages bruxellois, puis des dessins plus surréalistes : je prenais des clichés comme point de départ que je recomposais en dessin. Il y a eu un basculement dans ma manière de procéder à partir de la série de peinture « U.S. » (ci-contre), celles-ci sont majoritairement issues d’une collaboration avec mon compagnon de l’époque qui faisait de la photographie. Il ne prenait des photos qu’avec son téléphone, montrant une réalité sans artifice et privilégiant le grain apporté par le pixel.
D’une certaine façon c’est comme si ces images m’avaient choisie. En les voyant, j’ai eu une envie instantanée de les peindre. Elles répondaient d’une part au caractère documentaire qui m’intéresse dans le processus artistique, et d’autre part, leurs cadrages, leurs lumières, faisaient d’elles des peintures à l’état embryonnaires qui devaient juste éclore. Je trouvais également intéressant le paradoxe entre une modernité reproductible et une technique de peinture classique. La photographie numérique se diffuse à notre époque à une vitesse incroyable. Je voulais donc prendre ces images et leur donner du temps : le temps de les peindre, de les exposer, de les regarder… Ainsi cela leur donne une valeur d’unicité, une forme sacralisée.(ci-dessous)

 

Group sleeper IV_Jeanne et Caroline©Amandine Levy Archiraar Gallery
Group sleeper IV,Jeanne-Caroline© Amandine Levy

 

 

 

Dans les peintures de la communauté éphémère, tu apportes, grâce aux couleurs utilisées, un caractère irréel à la scène peinte. Pourquoi ce processus ?
J’ai la volonté de transmettre avant tout la beauté, celle que je perçois. Il est important pour moi de montrer les choses qui existent, que je connais, que je vis, que je regarde, que je ressens, et de pouvoir transmettre mes sensations. Repeindre une photographie à l’identique, hormis la volonté de performance technique cela n’a pas de sens pour moi.
J’aime aussi sublimer, donner à voir autrement ce qui peut paraître « glauque » ou « trash », de façon plus irréelle, plus iconique. J’aime aussi le plaisir de peindre, de laisser la peinture – la couleur, la matière – prendre le dessus sur l’image de départ.

 

 

 D’une certaine façon c’est comme si ces images m’avaient choisie.
En les voyant, j’ai eu une envie instantanée de les peindre…

 

Sleeper II©Amandine Levy Archiraar Gallery
Sleeper II© Amandine Levy

 

 

Le fait de travailler comme directrice artistique et de production pour l’artiste Lionel Estève est une expérience enrichissante. Lionel aurait-il eu une quelconque influence sur toi et ton travail ?
Oui, évidemment, ce fut enrichissant, on se trouve au cœur du processus de création d’un autre artiste, ce qui est très instructif. Travailler comme assistante, c’est être une exécutante. Il n’y a pas un travail à proprement dit « créatif », bien que Lionel nous demandât régulièrement notre avis. Être dirigée ne me posait pas de problème, cela avait quelque chose de plutôt agréable de ne pas avoir la même implication émotionnelle et artistique qu’avec son propre travail, de plus, j’appréciais beaucoup le sien.
Par ailleurs nous avons un travail totalement différent, il fait de la sculpture abstraite. Notre point commun ? La méthode, un processus long et minutieux.

 

 

 

 

 

Mots de la fin :
mes projets futurs sont également des collaborations, je trouve cela toujours stimulant et instructif, j’essaye de varier mes expériences au maximum, je prépare actuellement à Paris une exposition autour de la nouvelle collection de Pantheone, une marque de vêtements hybride et novatrice créée par des amies, et une exposition solo à archiraar gallery.

 

amdlevy.wix.com/amandinelevy

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