Biennale

Biennale des Cultures Urbaines à Vaulx en Velin

Interview de Nadia Lakehal, Adjointe au Maire déléguée à la Culture et la Vie associative de Vaulx-en-Velin

 

Première biennale des cultures urbaines !
Vaulx-en-Velin met le paquet !

 

Grâce à cette première biennale de la culture urbaine, la ville est représentée par les fondateurs de cet événement et ses acteurs : qui sont-ils ?

Lors de la campagne des municipales de 2014, dans notre programme et dans le chapitre dédié à la culture, nous nous étions engagés sur un certain nombre de points dont celui de créer un festival des cultures urbaines. Cela s’explique par le fait qu’en discutant avec des jeunes, et des moins jeunes, il y avait une réelle attente, d’autant plus que des jeunes de notre ville ont excellé à l’international dans le domaine du breakdance ou du hip hop. Forte de ce constat, après notre victoire, j’ai organisé la première battle internationale de notre ville avec des danseurs venus de toute la France, de l’Europe et même du Brésil. Le succès a été immense. Bien au delà de nos espérances avec un public qui était très hétérogène, avec la prédominance d’un public familial.
C’était aussi une façon pour la ville, que je représente au travers de ma délégation, de prendre la température pour ce festival. Mais au fil des semaines, notamment en sortant et en allant à la rencontre d’artistes régionaux et nationaux, puis en regardant ce qui se faisait dans d’autres villes de France : je me suis rendue compte que les festivals existaient mais pas de biennale avec un fort rayonnement sur le monde des cultures urbaines. Alors j’ai conscience que cela peut sembler très ambitieux mais j’y crois, la ville et ses habitants aussi. L’ambition et l’excellence sont deux moteurs essentiels de l’équipe municipale et nous l’affichons clairement.

biennale des cultures urbaines
Nassim Bombo : humour/stand-up

De plus en plus d’artistes s’expriment socialement en pratiquant de la musique, de la dance ou encore le street-art : qui sont ces nouveaux visages qui participent à la Biennale et qui sont ancrés dans le tissu social urbain ?

Parmi les artistes présents, vous aurez des talents locaux, qui émergent et nous avons souhaité les associer à cette biennale. Là aussi, durant la campagne en allant à la rencontre des jeunes, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait, chez certains artistes de notre ville, un sentiment de frustration lié à un manque de connaissance et de reconnaissance de leur art. Des talents, qui par le passé, n’ont jamais été pris au sérieux ou en considération, certains devant « s’exporter ailleurs » ne serait ce que pour s’entrainer. C’est la raison pour laquelle, j’ai tenu à ce que la ville puisse aider ces jeunes à se produire sur nos scènes et à trouver au mieux des solutions adéquates dès que cela est possible techniquement parlant.
Puis concernant les autres visages de la biennale ce sont des visages connus du grand public. Nous aurons le, ou du moins l’un des meilleurs rappeurs français qui est Kery James. Pour ce qui est de la soirée humour/stand up, nous aurons en tête d’affiche le Comte de Bouderbala et pour la partie danse, il y aura Lilou, la compagnie Kadia Faraux et douze danseuses de la compagnie Paradoxal.

 

Biennale des cultures urbaines : Kery James, BBoy Lilou (Pokemon Crew), Don (TWA crew)… !

 

La Biennale permet aux jeunes Vaudais de venir s’exprimer au sein de différents ateliers créatifs : du street-art en passant par l’écriture, le slam et le hip-hop. Ces modes d’expression très constructifs peuvent-ils avoir un impact social auprès des jeunes ?

L’art de manière générale a un impact sur la vie des gens. Je pense que développer la culture dans des quartiers et villes prioritaires contribuera grandement à améliorer le quotidien des jeunes et des moins jeunes aussi, car les problèmes n’ont pas de limites d’âges. Ces modes d’expression sont une façon de dire, de décrire leurs vies, de s’élever et c’est aussi vecteur d’espoir, de messages positifs et de liens entre les gens d’où qu’ils viennent sans considération ethnique, sociale ou religieuse. En ces périodes difficiles, de crise économique et de montée des actes racistes, ce sont souvent les populations en difficulté qui ont besoin de s’évader au travers de la culture afin de ne pas se perdre et risquer des écueils.

Biennale des cultures urbaines
Slave no-limit : Danse

Que pensez-vous de Kery James et comment expliquer l’engouement des classes populaires urbaines pour les discours du rappeur ?

Il faudrait poser la question à plusieurs personnes pour avoir une réponse globale. Mais je pense que ce qui séduit avant tout c’est sa capacité à dire des vérités avec un talent incontestable. Il a une belle plume, qu’il utilise calmement et fermement pour faire passer son constat sur la vie au sein des quartiers (exemple dans la chanson « constat amer ») et aussi des messages tels que sur le respect des femmes (dans son duo avec Imani « le mystère féminin »). Kery James est un rappeur qui s’investit en faveur de l’éducation des jeunes et qui participe régulièrement à des opérations de soutien scolaire dans la France entière. Il reverse aussi une partie de ses cachets afin d’aider les jeunes à financer leurs études supérieure. Durant cette biennale, Kery James donnera un concert et il participera aussi à une table ronde qui se nomme On n’est pas condamné à l’échec. Il se définit comme un rappeur militant et conscient et œuvre dans un registre que l’on pourrait qualifié de socio-musical.
Des nombreux courts métrages seront diffusés pendant la Biennale : quels sont les thèmes que vous avez souhaité privilégier en sélectionnant ces films ?

Les thèmes sont des thèmes positifs sur la réussite car les gens ont besoin de s’identifier à des modèles positifs pour avancer. Un autre thème sera celui de la culture d’apparence qui est une réalité générale mais très présente dans les quartiers car symbole de réussite sociale mais pas forcément de bonheur ou d’épanouissement. Je pense que ces films feront écho à certaines personnes.

L’engouement pour cette biennale est-il à la hauteur de vos attentes ? Avez-vous déjà des idées pour une prochaine édition ?

Oui des idées j’en ai beaucoup! Je me projette constamment en essayant de proposer des projets originaux et qui séduiront un large public. Cela demande du temps, une grande ouverture sur le monde et d’être en éveil de manière perpétuelle. Je suis très curieuse de ce qui se passe et se fait partout en France et dans le monde tout en y rajoutant la Vaudaise Touch! Pour ce qui est de l’engouement, c’est le jour J que nous aurons la réponse.

 

www.vaulxenvelin.net

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