HOPARE

Hopare

 

 Les couleurs sont contrôlées et maîtrisées à la perfection, la finesse et la précision des traits, donnent réalisme et célérité aux graffs ainsi qu’aux portraits d’Alexandre Monteiro aka Hopare. Les émotions qu’il transpose dans ses créations sont palpables. Rencontre avec Hopare, celui qui voyage pour peindre et qui peint pour voyager.

 

L’interview de Hopare
Réalisée par Vibration Clandestine 

 

HOPARE
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 Très tôt, tu t’es accaparé le cercle, la roue comme marque de fabrique, comme une signature. Que représente-t-elle ? Quelle est sa symbolique ?
La lettre O n’est pas une lettre facile à travailler à mon goût, je voulais donc la travailler avec une sorte de logo, un élément reconnaissable de tous sans forcément signer mes œuvres. J’ai donc travaillé autour du cercle que j’ai appelé « Azulejos ». Je me suis énormément inspiré des graphismes ethniques et des graphismes des azulejos et du tatouage. C’est pour cela que l’on retrouve le cercle « tatoué » sur la plupart de mes portraits. Les azulejos sont ornés de motifs géométriques ou de représentations figuratives. On les trouve aussi bien à l’intérieur de bâtiments qu’en revêtement extérieur de façade et c’est ce qui me plaisait là-dedans !

  

 La plupart du temps, tu associes des visages à tes créations. Sortent-ils droit de ton imagination ? De qui t’inspires-tu ?
J’aime beaucoup la photo et je m’inspire énormément du monde qui m’entoure, des gens que je croise dans la rue, dans le métro ou en soirée, de leur comportement et des émotions qu’ils dégagent. J’ai un style graphique très dynamique avec des lignes droites, des abstractions de lettres, et des couleurs vives… Pour adoucir le tout j’ai voulu intégrer des regards et des visages de femmes. La majorité des visages sont des personnes que je prends en photo durant mes voyages ou bien ce sont des photos que je demande à des gens que je connais. J’aime faire vivre des portraits dans la rue de personnes non connues qui méritent d’être vue et d’être là pour adoucir le quotidien d’autres personnes. Cela est rare que je peigne des personnalités. Cela a dû m’arriver une ou deux fois « Dali », « Mandela », deux personnes que j’admire, après pour le reste je n’y vois pas un très grand intérêt. C’est aussi une passion pour la presse populaire qui m’a mis en contact avec tout un ensemble de travaux (gravures, estampes, dessins…) qui sont oubliés ou peu connus du public. Je ne peux pas supporter l’idée que ces images sont la propriété exclusive des collectionneurs, des bibliothèques bourgeoises ou archives du musée.

HOPARE
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 Graff ou collage. Sur toile, sur bois ou sur les murs. Peinture, bombe ou stylo. Est-ce qu’un médium ou une technique te correspond plus qu’un autre ?
Le collage me permet de poser des œuvres à des endroits où je ne pourrais jamais accéder, je me sers de ce support pour sa rapidité à y poser un portrait à un endroit précis comme le centre Georges Pompidou, le Louvre etc… Ce n’est pas seulement à propos de l’adaptation ou de l’interprétation picturale. Il est tout d’abord mis en place selon le lieu, le mobilier, la lumière du lieu…
Je pense que c’est très important de coller uniquement des peintures originales réalisées (sur papier) dans la rue. Les gens semblent être préoccupés par le fait que cette quantité de travail est vouée à l’effacement. Je ne suis pas seulement un colleur, je viens du graffiti, ceux qui me connaissent, savent d’où je viens et je persiste à dire que je suis un graffiti artiste ou plus ouvertement un muraliste contemporain. Le mur est mon support de prédilection.

Peindre pour voyager, Voyager pour peindre …  

 Dernièrement tu étais à Hong Kong pour exposer tes toiles. Nous avons remarqué une légèreté plus accentuée que sur les graffs. Pourquoi cette différence ?
Je ne trouve pas d’intérêt à travailler de la même façon dans la rue qu’en atelier. En atelier je peux travailler sur différents médias et avec un grand nombre de

matériaux, je peux expérimenter de nouvelles choses. Sur toile je me concentre sur le visage, la femme, l’homme, sa posture, l’émotion que la personne peut dégager ! Pas besoin de trop en rajouter à mon goût, il faut que cette toile transpire d’émotion et de vie. J’aime la pureté et la rareté des œuvres.

 

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 Revenons sur le magnifique portrait à Casablanca. Quelles sont les circonstances qui t’ont amené au Maroc ? Parle-nous du choix du lieu de l’histoire de l’œuvre, du temps de réalisation, dis-nous tout…
Pour Casablanca, j’ai eu la chance de rencontrer « Driss » qui travaille avec l’équipe de l’usine Mafoder. Driss et moi nous sommes rencontrés sur Paris où il m’a parlé du projet, cela m’a tout de suite plu ! Quelques jours plus tard je l’ai contacté pour lui dire que j’avais 48 heures de libre et que je pouvais faire l’aller-retour pour venir peindre un mur. En aucun cas je n’aurais imaginé un tel lieu, juste sublime et immense… Arrivé à l’aéroport de Casablanca, pas de temps à perdre Driss me conduit sur le lieu et me montre le mur de plusieurs mètres de hauteur. Un lieu où non seulement des hommes travaillent, un endroit très brut où énormément de mouvements de chaleur et de bruit règnent. Je me suis donc adapté au mur et j’ai voulu adoucir, j’ai donc travaillé sur une femme aux fleurs, j’aime travailler sur les vêtements et les coutumes de danse folklorique polonaise, portugaise etc… Des tenues avec énormément de couleurs de graphisme et compositions florales…
J’ai donc eu un peu plus de 24 heures pour travailler ce portrait. Ce que j’ai aimé dans ce voyage et la réalisation de ce portrait, c’est tout d’abord l’échange que j’ai eu avec les gens travaillant sur place et l’équipe qui a organisé ma venue, beaucoup de bons retours sur cette peinture et les hommes qui travaillent sur places ont apprécié cette peinture et j’en suis très heureux. Ensuite c’est l’énergie de ce voyage, pas de temps à perdre ! Et aussi le fait de travailler avec les moyens du bord, des bombes à moitié vide du coup utilisation de peinture acrylique pour certaines couleurs, des différences de teinte pour le tracé etc…
Juste une très belle expérience.

  

 Quels sont tes projets en cours ?
Je travaille actuellement sur la cover d’un très grand groupe de Métal aux États-Unis, j’espère que ce projet sera très prochainement visible. Je suis également programmé pour un mur à Bogotá en Colombie, puis à Tallinn « Estonie ». À partir de Septembre je serais enfermé en atelier pour préparer mon solo show à Paris début 2015 !

 

Le mot de la fin :Peindre pour voyager, Voyager pour peindre … 

www.hopare.com

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