kube©SAMBRE

Sambre, no limit !

 

Selon vous, qu’obtient-on lorsque l’on associe un menuisier de formation avec un diplômé des métiers d’arts en sculpture du bois et l’art urbain ? Le résultat s’appelle Sambre, artiste aux talents multiples capable de travailler le bois, le métal, le verre et la peinture. Il n’y a donc pratiquement pas de barrières, ni de freins à l’imagination et à la créativité de Sambre où se mêlent volume, espace et surface. Autant à l’aise avec une disqueuse qu’avec une bombe de peinture, Sambre répond à nos questions…

 

Interview de Sambre par Vibration Clandestine

 

 

Evolver©SAMBRE
Evolver©SAMBRE

 Faisons un flash-back et revenons sur Evolver. Sculpture graffiti ou graff sculpté ? L’œuvre nous laisse sans voix. Raconte-nous son histoire ?
Evolver est une sculpture que j’ai réalisée pour mon diplôme à l’école BOULLE en 2007, c’est l’aboutissement d’un travail d’une année. Le sujet commun à tous cette année-là était « Ordre, Désordre, Chaos ». L’aspect cyclique, la transition d’un état à un autre de la matière ont été mes axes de réflexion majeurs. J’ai ainsi illustré un passage de matière sur un plan chronologique : d’un Chaos d’éléments organiques et minéraux (symbolisés par le bois et la terre cuite) va émerger un ordre structurel anatomique régi par un fonctionnement qui lui est propre, dans lequel un corps spirituel (symbolisé par le verre) va insuffler la vie, et laisser évoluer l’ensemble dans le temps et l’espace, pour retourner au chaos. Cela soulève plein de questions biologiques et métaphysiques qui ont nourri ma réflexion pour ce projet, et aussi pour la suite… Ce n’était pas une volonté de ma part de faire « un graff en volume », mais c’est un retour que j’ai eu souvent. C’était une période où je peignais beaucoup, donc l’univers graphique développé sur mur à un peu déteint sur le volume…

 

 

 En 2009, ton voyage à Plzen a été très créatif. Kube et Twister sont issus de cette étape tchèque. À qui ou à quoi fait référence le visage de Kube ?
Je dessine depuis toujours des bonhommes, maintenant essentiellement des têtes. C’est pour moi l’essence de l’Humain, la partie expressive, qui contient les 5 sens. J’ai beaucoup exploré ma tête de l’intérieur, avec une approche intuitive du dessin, qui ouvre une porte vers l’inconscient, à la manière des surréalistes avec le dessin automatique. Pour Kube l’idée était de parler de l’Homme en lien avec son environnement direct, et les limites induites par le cadre : cela peut être enfermant, ou bien structurant et servir de base pour évoluer. C’est aussi pour moi une manière de questionner le rapport à la ville, qui est un contexte confrontant et fait réagir, dans lequel il faut trouver ou créer des espaces de liberté.

 

Nombreux sont les adjectifs qui peuvent décrire les travaux de Sambre.
Vibration Clandestine vous laisse choisir le votre !

 

 

 Passons à une œuvre plus récente avec la Sphère que tu as réalisée aux Bains Douches, début 2013. As-tu eu des défis techniques à relever pour cette création ?

Kube©SAMBRE
Kube©SAMBRE


Oui, toute installation comporte ses défis techniques, pour celle-ci il y en avait plusieurs : couper le plancher d’une forme circulaire assez juste, puis après avoir cassé la dalle le 2e défi était la construction du volume sphérique partagé entre les 2 étages. Nous avons mis au point un gabarit pour définir un quart de cercle à partir d’une chaise à roulette trouvée sur place, du contreplaqué et des planches. Une fois la partie supérieure terminée, il a fallu réadapter ce gabarit à l’étage inférieur pour recommencer l’opération… La vidéo sera sans doute plus parlante !

 

 

 En visionnant tes vidéos, on s’aperçoit que ta technique pour tes peintures murales est complètement freestyle. Pour le skate parc de Bruxelles tu utilises même un extincteur pour poser les bases de la fresque. Tu n’es plus le seul maître de ton œuvre ?
Je n’ai jamais été seul dans la création, cela se passe dans un lieu précis, avec des matériaux définis, nous discutons tous ensemble. À partir de là, c’est de la co-création, j’interagis avec le tout. Je ne suis pas là pour m’imposer, je me vois plus comme un vecteur qui déplace la matière : je donne forme à des potentiels latents. Ma création est un perpétuel va-et-vient entre une direction franche que je suis scrupuleusement, c’est ma structure, et des élans de spontanéité faits d’imprévus et de liberté.

 

 

Le mot de la fin :
La création libère, soyons cette cuisine musicale qui court sur les murs !

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