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Les Fées d’hiver

 

Le Centre de création en arts numériques, Fées d’hiver s’articule autour d’une gestion par et pour les artistes. L’échange, la collaboration, le dialogue sont les maîtres mots de cette coopérative artistique. La finalité ? Créer, produire et diffuser œuvres, événements et spectacles contemporains et novateurs. Erik Lorré, fondateur des fées, répond aux questions de Vibration Clandestine.

 

 Interview d’Erik Lorré, fondateur des Fées d’hiver
Par Vibration Clandestine

 

danseNumerik©LABo des Fées
danseNumerik©LABo des Fées

 Tout d’abord, présentez-nous avec vos mots Fées d’hiver.
Fées d’hiver est un espace de création en Arts Numériques, co-géré par des artistes (plasticiens, musiciens, compagnies de spectacles vivants, acteurs, danseurs, scénographes, metteurs en scène, circassiens, performeurs, informaticiens…) sur des principes de coopération et de mutualisation pour produire ensemble des œuvres qui comportent une écriture résolument contemporaine et novatrice. Son fonctionnement vise la création, la production et la diffusion d’œuvres, d’évènements, d’actions pédagogiques et la recherche d’un nouveau modèle économique.
C’est un espace de recherche et d’expérimentation, de curiosités artistiques, de pratiques et de rencontres autour des nouvelles technologies, bref, un lieu de créations pluridisciplinaires qui accueille des artistes en résidence toute l’année.
Isolé entre Gap et Briançon, l’Embrunais est un territoire concerné par notre Centre d’Arts qui comble un vide culturel de manière significative. Nous avons souhaité construire un lieu aux formes nouvelles, en rupture avec les pratiques habituelles, engagé dans une démarche populaire, loin des pratiques élitistes inaccessibles, loin des lieux estampillés par le sceau de la culture, considérés par une population comme des lieux pas faits pour eux. Notre espace est résolument tourné vers la jeune création contemporaine pour proposer une véritable alternative à une programmation classique, pour équilibrer l’ensemble des propositions et donner la place et la visibilité aux formes d’expressions artistiques de demain, pour bousculer notre quotidien. Nous proposons de rendre visible et lisible cette jeune création en organisant des événements originaux en direction de tous les publics.

 

 Le labo des fées s’inscrit comme le centre névralgique des Fées d’hiver. Dites-nous en plus…
C’est en effet le chaudron où se forgent des œuvres. Les Fées appartiennent à ce monde invisible qui nous entoure, créatrices d’univers féeriques, voire de l’univers… Notre réflexion porte sur les interactions qui existent entre notre environnement et notre existence corporelle pour tenter de rendre perceptible l’invisible. Les nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) sont explorées au sein de notre LABo des Fées, et mises aux services des œuvres numériques pour mettre en évidence notre interaction dans ces mondes virtuels. L’occasion de repenser notre propre existence dans notre monde réel.
Les artistes partagent, au sein du LABo des Fées, la pratique d’un nouveau médium d’expression autour des nouvelles technologiques numériques et produisent des installations plastiques interactives et des objets intelligents au service du spectacle vivant : danse, théâtre, musique, arts du cirque et de la rue. Ils expérimentent des voies nouvelles dans l’écriture artistique. Nous développons au sein du LABo des outils de gestion et de captation du geste en temps réel générant des événements visuels, sonores ou mécaniques. Cette recherche permet de créer des installations (dotées d’une conscience et capables d’adopter un comportement), dans lesquelles évoluent des publics ou des artistes. Toute cette recherche et cette expérience sont partagées, distribuées, dans la philosophie OPEN SOURCE.
Fées d’hiver est déjà depuis 10 ans engagé dans la coproduction et la diffusion d’œuvres multimédias. Le LABo développe des outils novateurs et participe à cette recherche qui est lancée sur la maîtrise et l’intégration des nouvelles technologies dans la pratique artistique. Il s’est doté depuis cette décennie d’un savoir-faire rare et unique dans ce domaine et a prouvé dans plus de 60 coproductions une réelle pertinence créative et une reconnaissance auprès des acteurs de plus en plus nombreux aujourd’hui. Nous sommes de plus en plus sollicités par des artistes ou compagnies pour expérimenter et produire des objets numériques. Nous considérons que c’est une chance pour ce territoire de pouvoir accueillir cette compétence au sein d’un centre de production et de ressources au service des arts numériques. Cette forte implantation valorise tout un territoire sur un champ artistique singulier. Les activités du LABo participent à l’émergence de ces créations, à la sensibilisation du public à ces formes nouvelles par des moments de rencontres et de diffusion. Ce LABo nous assure la légitimité d’organiser notre Festival d’arts numériques Les Féeries Numériques et en fournit la principale programmation.

A l’intérieur du chaudron des Fées, les artistes associés croisent chacun leurs univers et leurs maîtrises technologiques pour s’associer entre eux et former autant d’équipes artistiques qu’ils le souhaitent afin de coproduire des créations et de répondre à des appels à projets artistiques sous le Label « Fées d’hiver ».

produire ensemble des œuvres contemporaine et novatrice 

 Le festival, actif de mai à décembre, Les Féeries Numériques est une de vos initiatives. Quelles sont les productions que la population de

festivalPOC2013©LABo des Fées
festivalPOC2013©LABo des Fées

l’Embrunais pourra découvrir en septembre/octobre ?
Le festival est lancé depuis mai, sur trois lieux : une abbaye du XIe siècle, la ville d’Embrun et la vallée de Crévoux pour des parcours nocturnes, terriblement interactifs et poétiques. À la rentrée de septembre, place au spectacle vivant et aux performances avec Nicolas Cante et son piano préparé, Étienne Bernardot et Stéphane Bissière pour leur performance Temps Réels, une manipulation sonore et visuelle autour d’une vasque, et Cyril Hernandez pour son spectacle « musique à deux mains ». Nous clôturerons octobre et novembre à l’Abbaye de Boscodon, pour découvrir un vélo volant et des cocons lumineux inquiétants.

 

 Les Fées s’investissent également dans la pédagogie à travers des ateliers. À quels niveaux intervenez-vous ? Quels sont vos moyens d’action ?
Fées d’hiver propose et construit suivant le contexte des ateliers pédagogiques et artistiques en direction de tous les publics. Ces ateliers sont animés avec différents partenaires locaux pour produire une expérience, une œuvre sonore, un bal interactif, un spectacle de danse ou encore une performance. Ces ateliers aux thématiques différentes provoquent des temps de rencontres, d’échanges et de présentation, pour produire du sensible, de la familiarité avec les œuvres numériques et de la proximité avec des artistes. Les médiathèques, les associations d’éducations populaires, les écoles de danse ou de musique, les écoles publiques, les structures handicap ou soignantes (hôpitaux..) sont autant d’acteurs pouvant être associés à la mise en œuvre de ces ateliers avec leurs publics. Depuis plusieurs années, Le LABo des Fées cumule expériences et créations multimédias interactives avec des artistes de tout horizon. Les outils mis au service de professionnels du spectacle vivant deviennent aujourd’hui disponibles pour un plus large public. Notre volonté est de permettre aux amateurs, écoliers ou publics de structures handicap cette expérience pour mener un projet au cours de l’année.

 

 Quelles sont les nouveautés que Les Fées d’hiver nous présenteront prochainement ?
Les arts numériques convoquent tellement de disciplines autour d’un même projet que le cloisonnement dans la production de telles œuvres devient improductif. Au départ, nous avons essentiellement axé notre projet sur l’accueil en résidence, suite au constat que les lieux de créations faisaient défaut sur notre territoire national. Seules les compagnies conventionnées avaient accès aux lieux institutionnels. Quid alors des jeunes talents ? Au fil des années, nous avons concentré nos efforts sur l’articulation production et diffusion car une création n’existe pas si elle ne rencontre pas son public. Il est devenu essentiel pour nous de rendre visibles toutes les créations que nous accueillons dans notre chaudron soit en organisant notre festival, soit en tissant des passerelles vers d’autres festivals en France. C’est devenu un rôle important d’aider l’artiste à être diffusé et l’écoute est plus attentive lorsqu’elle émane d’une structure comme la nôtre que les gesticulations désespérées de l’artiste isolé pour séduire un éventuel diffuseur. C’est une mission que nous développerons les années à venir en nous transformant de plus en plus vers une coopérative d’artiste, pour s’affranchir de la subvention publique.

 

Le mot de la fin : L’avenir nous offrira des jours de résistance : défendre le statut de l’artiste, sauter au cou des politiques pour sauvegarder (à défaut de développer) les budgets dédiés à la culture, afin de pouvoir vivre dans un monde où l’on peut encore croire aux fées.

feesdhiver.fr

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