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Interview de mok par vibration clandestine

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Un batteur/chanteur possédé à la voix puissante armé d’un guitariste et d’un bassiste prêts à tout pour vous faire trembler, ce trio-là ne plaisante pas. Mok vous embarque dans leurs univers tantôt confidentiel voire privé, qui peut basculer à tout moment dans une atmosphère explosive. Texte en français, rythmes millimétrés, énergie sans faille… Une petite bombe à retardement…



Mok, trois amis unis par la musique rock, mais pouvez-vous en dire un peu plus sur vous ?

L’histoire est, il me semble, on ne peut plus banale. Après le lycée, Pat (gratt) et moi avons décidé de faire des compos histoire de se changer les idées. Drick (basse) nous a rejoints naturellement et en décembre 2000, le groupe était né.
Ensuite, je dirai qu’un groupe, ou pour le moins le nôtre, et notamment de rock en France, est et reste uni aussi grâce aux aléas qui ont animé son existence… Je pense qu’aujourd’hui, c’est ce passé commun qui a contribué à forger notre identité, le résultat de cet album en est le fruit : des tranches de vies, la galère (il faut bien l’admettre), mais aussi l’expérience scénique ainsi qu’une certaine vision de la musique se devant d’avoir une certaine cohérence et ce, notamment, par rapport à l’émulation texte/arrangements… Bref, nous rockons donc nous sommes !! (rires)


Comment définiriez-vous votre musique afin que nos lecteurs puissent mieux vous situer ?

Il est toujours difficile de se définir, cependant je pense que notre orientation artistique est globalement claire, en tout cas sur cet album.
Au départ (1er album), nos influences se divisaient en deux catégories, le métal agrémenté d’un peu de grunge (Deftones, Nirvana) et le trip-hop, voire tout simplement la pop (Portishead, Buckley)… Pour un power trio, l’opération était vraiment délicate et sur scène, il nous fallait redoubler d’efforts pour faire opérer la magie, mais cette transgression, ce mélange des genres artistiques nous a énormément apporté humainement mais aussi et surtout dans l’ouverture musicale que l’on se doit de garder pour évoluer.
Nous avons pu connaître nos limites… qui nous ont permis de connaître d’autres envies, notamment l’effervescence des concerts (certains…) qui a certainement été la source de notre nouvel album… Il est fait grâce et pour la scène, donc plutôt énergique.
Pour ce qui est des influences, il est plutôt orienté rock, post rock à consonance vintage pour le son (c’est à la mode non ?), genre Led zep pour la voix parfois éraillée, des relents de rock prog également se font sentir (King Krimson, Mars Volta…) et de manière parfois éparse, quelques soubresauts d’hommage aux autres power trio dont nous sommes fans (Jimi Hendrix experience, the Police, Muse également), le tout sans jamais quitter de vue notre engagement grunge (Rage Against the Machine par exemple).


Pouvez-vous nous parler de ce choix de chanter en français ?

Il m’a fallu plusieurs étapes (je ne parle qu’en mon nom) pour me conforter dans ce choix de la langue française.
Au début, il était loin d’être évident puisque la plupart de nos influences (mais nous n’avons pas cité FFF, Noir Dés'…) sont et restent Anglo-saxonnes. D’ailleurs, nous avons même enregistré à nos début un quatre titres en anglais. Ce fût, pour vous dire la vérité, une contrainte… Bref, un pénible labeur. Puis, et je puis vous le certifier, un immense plaisir, une évidence. Une fois le nez dedans, on ne peut que s’émerveiller devant le jardin des possibles que cette langue nous propose. Le jeu en vaut la chandelle ! Me concernant, l’écriture reste une expérience de l’ordre du rêve éveillé, donc déjà grosse sensation…et en conséquence sur scène la transcendance, la mise a nu n’en devient que plus « sincère ». Et puis, même pour le rock, notre langue regorge de sonorités nouvelles à expérimenter. Aujourd’hui, on a plutôt tendance à déjà concentrer, uniformiser la musique. Faudrait-il confondre le rock avec la langue anglaise ? Moi je pense qu’il a plutôt besoin de se divertir avec d’autres. Ce n’est pas l’apanage d’une seule culture, seulement une transmission qui dans l’expérimentation doit se détourner de sa parenté pour se régénérer, évoluer… Et puis avec le temps, on peut quand même se dire que nos aïeux (auteurs) nous ont laissé un bel héritage, et rien que pour cela j’ai envie, modestement, d’être une petite pierre à l’édifice (peut être une poussière pour nous). Au fond également, ça m’embêterait tout de même qu’il n’y ait plus qu’une « novlangue » et que le français devienne latin…


Une sortie d’album est en cours, parlez nous de ce projet

Il est déjà mis en vente en ligne via notre MySpace et notre site, et il sortira le 13 septembre dans les bacs chez Hacienda/Mosaïc et cd1d en VPC. Concernant la scène, nous avons prévu une sortie rhônalpine le 1er octobre au Rail Théâtre (gratuite ! Lyon Vaise), ainsi qu’une sortie parisienne début novembre (vraisemblablement la Maroquinerie ou la Boule Noire). Par ailleurs, la Smac du Fil à Saint-Etienne nous recevra début septembre pour une résidence avec à la clef un show-case privé le 10 septembre. Plusieurs dates graviteront autours de ces événements pour, bon an mal an, former une petite tournée, et nous espérons que ces concerts augureront de belles festivités en 2011 !!! Ensuite, advienne que pourra, nous sommes déjà très heureux du travail accompli lors de l’enregistrement avec Jo (Jonathan Verne, ingénieur du son) et Jean (Jean Gamet, Hacienda Record) pour la prod.
Notre vanité, égo… bref, notre désir d’exister s’est déjà bien apaisé, dès lors que nous avons reçu dans les mains l’objet finalisé. Cependant nous brûlons d’envie, à qui veut l’entendre, de partager un instant notre énergie, et espérer qu’une volute d’ondes positives s’y dégagera…avant de partir en fumée !


Vous sortez également cet album sur support vinyl. Pourquoi ?

C’est vrai qu’aujourd’hui ça peut paraître désuet, mais vous savez, quand on tombe dans la marmite musique, il peut arriver que certains aient une sorte de trouble obsessionnel compulsif.
Nous sommes des amoureux du son et lorsqu’on redécouvre la sensation sonore du vinyle, on devient dépendant, on redécouvre la plénitude des fréquences, la caisse claire paraît plus profonde, les basses semblent ornementées de rondeur, la voix plus cristalline, sensible, les effets de gratts voltigent… on est au paradis des ondes oubliées.
Et puis il nous tenait à cœur de garder un beau souvenir de ce voyage, cette expérience qui nous a habités lors de la réalisation de cet album.
C’est important pour nous car nous avons vécu dans la culture de l’objet, sans être fétichistes (quoi que…rires) ni matérialistes. La dématérialisation du disque a, il me semble, désincarné l’artiste pour le renvoyer dans une réalité virtuelle qui a mes yeux ne lui correspond pas. Il en perd toute sa dimension humaine, sociale, et c’est bien finalement sans objet que l’artiste finit par devenir jouet, pantin sans valeur aux yeux des gens. Il n’existe pas…où pas réellement. C’est pour ça que la nécessité de la scène n’est pas qu’économique, elle est aujourd’hui vitale pour qu’il y ait échange donc existence, donc voyage…
Vous savez aussi bien que moi le goulet d’étranglement qu’est la scène aujourd’hui dans une industrie en crise. Il n’y a pas ou peu de place pour les entités artistiques en devenir, en marge, voire pour nous en friche (rock'n'roll !!!).
Donc aujourd’hui, faire un vinyle nous renforce chaque jour dans l’idée qu’on a fait quelque chose…d’insignifiant pour certains, mais essentiel à nos yeux (et nos oreilles !).



. Mail : booking@mokmusic.fr (booking) + contact@mokmusic.fr (infos)
. Tél : 06 25 47 31 50 ou Amélie au 04 74 05 00 19 (Hacienda record)
. Site : www.mokmusic.fr + www.myspace.com/mokmusic
www.vibrationclandestine.com/membres/mok