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Interview de The Craving Deer par vibration clandestine

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Interview_18_1825Imaginez notre rencontre avec ce groupe... Nous avions été conviés, mi-août, dans le Sud de la France, à un concert très intimiste - tout juste une vingtaine de personnes - . Nous étions réunis sous la terrasse couverte de la maison en pierres centenaire, qui nous accueillait. Il faisait nuit, une pluie battante résonnait sur l’avancée de toit qui nous abritait et leur douce musique embaumait nos esprits. Natalie, une voix douce et chaleureuse, qui donne l’impression de vous parler au creux de l’oreille et Rein avec sa voix rauque et puissante, guitare en bandoulière, nous ont offert un moment très simple mais tellement agréable… Cette heure risque de rester gravée dans la case « plaisir & bien-être » de notre cerveau pendant un long moment. Leur nouvel album est l’accessoire indispensable pour affronter les premières vagues de fraîcheur de cet automne ainsi que l’hiver qui suivra.

Interview The Craving Deer par Vibration Clandestine

Natalie et Rein, pouvez-vous vous présenter et nous faire découvrir votre univers, celui de The Craving Deer ?

Rein Vanvinckenroye : The Craving Deer a vu le jour en janvier 2010. J’étais à la recherche d’une chanteuse pour donner forme à des chansons en anglais, que j’avais écrites pour une voix d’homme, une voix de femme et une guitare acoustique. En plus de mes autres projets musicaux, j’avais très envie de lancer un projet d’après le principe ‘back to basics’ : créer des chansons avec un minimum de moyens, juste deux voix et une guitare. J’ai organisé des auditions, et le courant est passé immédiatement entre Natalie et moi. J’aimais beaucoup sa voix singulière et sensuelle. En plus, au fil des premières semaines de collaboration, il s’est avéré que ses textes rejoignaient parfaitement mon propre univers textuel. J’avais trouvé en elle, non seulement la chanteuse idéale pour ce projet, mais aussi le co-auteur que j’espérais trouver depuis longtemps.

Natalie De Man : J’étais ravie d’avoir trouvé un compagnon musical avec qui tout semblait couler de source dès le début et un projet dans lequel j’avais vraiment envie de m’investir. Mes propres écrits avaient enfin trouvé une destination qui me semblait ‘juste’. Tout est allé très vite, en fait: en moins de deux ans, on a enregistré deux albums de douze morceaux chacun. Le bonheur !

Vos textes naviguent entre « rage et pardon », « caresse et coup de fouet », « désir sauvage et morne regret » etc... Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Rein : C’est difficile de donner une réponse claire à cette question… Je pense que, comme pour tant d’autres artistes, l’amour dans toutes ses formes, ainsi que toutes les émotions et états d’âme qui en découlent, constituent une source d’inspiration omniprésente et inépuisable. Ce n’est pas un choix réfléchi, c’est simplement intuitif.

Natalie : Certains morceaux existaient déjà - Rein les avaient écrits avant la naissance de notre projet -. On a juste peaufiné les textes ensemble. Ce qui est marrant, c’est que j’avais l’impression que certains de ses textes auraient pu être écrits par moi-même, tellement ils me semblaient autobiographiques . Pour ce qui est des nouveaux morceaux, la plupart des textes naissent d’une co-écriture. Ou bien c’est Rein qui me fait écouter l’amorce d’un nouveau morceau, créé à la guitare, avec déjà quelques bribes de paroles et c’est moi qui écris le texte en grande partie. Parfois, il crée une chanson toute entière et me la laisse juste peaufiner textuellement. D'autres fois, il choisit un de mes textes et lui donne une vie musicale. Enfin, d’autres morceaux naissent de moments de jam en duo, qui donnent lieu à une co-écriture après.

Rein : Quand je crée un nouveau morceau à la guitare, une chose qui m’arrive très souvent est que je ne sais même pas quels accords je joue, j’analyse après. Ça a déjà été dit et écrit par tant de ‘créateurs’, dans n’importe quelle discipline artistique, et je ne peux que l’affirmer : l’inspiration est quelque chose d’assez mystérieux. Je crois qu’en somme, on peut dire que Natalie et moi sommes des muses l’un pour l’autre. Et sur certains textes, on travaille des heures et des heures ensemble, ce qui donne parfois lieu à des fous-rires ! On n’a pas de vraie recette, mais on se sent. Faire de la musique ensemble, écrire ensemble, c’est gai, c’est beau, et dans notre cas, c’est un processus tout à fait naturel.

Natalie : J’adore écrire. Et faire ça dans une autre langue que sa langue natale (nous sommes tous les deux Belges néerlandophones), l’anglais, est un chouette défi. Je peux passer des heures à chercher les ‘bons mots’, ceux qui rendent le mieux l’idée ou l’image qu’on a en tête. Parfois, la source d’inspiration est quand même clairement là. Icewolves, un des morceaux qui paraîtra sur notre deuxième CD, est inspiré du film Into the wild (Vers l’inconnu), réalisé par Sean Penn. En gros, la base du texte est le constat de ce jeune homme courageux - parti seul en Alaska pour y vivre en harmonie avec la nature - que le bonheur n’est réel que quand il est partagé. Nous mettons nos âmes et nos cœurs dans notre musique. Mais en même temps, on relativise tout… Nous aimons créer et jouer des chansons ensemble, et nous espérons que nous pouvons entraîner nos auditeurs dans notre petit univers. Finalement, c’est aussi simple que ça.

Rein : Lorsqu' après un concert, une personne vient vers nous pour dire que notre musique l’a émue, pour telle ou telle raison, précise ou imprécise, nous le percevons, à chaque fois, comme un grand compliment. Nous n’avons pas de gros spectacle à offrir. Sur scène, il y juste deux personnes et une guitare. Si nous arrivons à toucher les gens en étant simplement qui nous sommes, c’est tellement beau…
Natalie : Encore un chouette détail : la plupart de nos morceaux ont été enregistrés, et sont joués sur scène, avec une guitare que Rein a construite lui-même, d’après un modèle Martin de 1830.

Vous avez fait le choix d’enregistrer vos 1er et 2ème albums dans le Sud de la France, alors que vous êtes originaires de Belgique. Pourquoi ?

Rein : Tom Slegers, notre producteur et ingénieur du son, est un très bon ami que je connais depuis longtemps. On avait déjà collaboré ensemble sur d’autres projets. Au moment où nous avons décidé d’enregistrer notre premier album, Tom était en train de s’installer à Les Brousses (à proximité d’Alès), chez un couple de Hollandais qui avaient acheté un grand mas. Il participait – et participe toujours - à la rénovation de ce bâtiment magnifique. Il nous a proposé d’enregistrer le disque là-bas, dans un des espaces encore ‘vierges’ du mas, transformé temporairement en un studio improvisé. Nous avons accepté cette proposition avec joie. En août 2010, on a donc rempli un mini-bus de matériel d’enregistrement et pris la route pour Les Brousses.

Natalie : Ce fut une très belle expérience, de tous les points de vue. Enregistrer un disque à l’étranger a déjà comme avantage qu’on est loin de la routine habituelle, on baigne entièrement dans le travail musical. A cela, s’ajoutaient la présence chaleureuse de nos hôtes, la bonne nourriture et l’environnement magnifique.

Rein : L’expérience fut tellement positive qu'exactement un an plus tard, nous avions décidé d’adopter la même formule pour l’enregistrement de notre deuxième album. Cette fois-ci, le bluesman Steven Troch nous avait rejoints pendant quelques jours : le son chaleureux et mélancolique de son harmonica s’est ajouté aux voix et à la guitare dans quelques morceaux. Et nous espérons que d’autres albums avec l’étiquette ‘Les Brousses Sessions‘ suivront!

Comment s'est passé l’enregistrement loin de votre terre natale ?

Rein : Comme Natalie l’a déjà fait remarquer, le fait d’avoir pu travailler en déplacement nous a permis de nous concentrer entièrement sur les enregistrements. Notre manière de travailler est très intensive. Nous voulons que tout soit aussi naturel et honnête que possible. Tom utilise Pro Tools comme logiciel d’enregistrement et des micros de haute qualité, mais ça s’arrête là. Le but est de capturer l’instant. Pas de copier-coller, etc… Cela implique de longues journées de travail car nous sommes très exigeants avec nous-mêmes.

Votre 2ème album est prêt, ça y est. Maintenant, c’est un distributeur dont vous avez besoin. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Natalie : Jusqu’ à présent, nous faisons tout en autogestion, puisque nous n’avons pas encore trouvé la bonne personne ou structure qui pourrait et voudrait prendre en charge la distribution. À vrai dire, on n’a pas encore cherché… Ça viendra sans doute au bon moment. Toutes les propositions sont les bienvenues. Le plus important, c’est qu’on puisse mettre en place une vraie collaboration avec le distributeur, qu’il ait envie de nous accompagner sur notre trajet.

Auriez-vous quelques mots pour nos lecteurs et pour les diverses structures qui pourraient vous inviter à réchauffer leurs salles de concert ?

Si vous aimez la musique intimiste, qui vous emmène dans une sorte de ‘twilight zone’ sensuelle où les roses épineuses côtoient les « ne-m’oubliez-pas », il y a de fortes chances que vous aimiez The Craving Deer. L’interaction avec le public est toujours intense et chaleureuse. Welcome !

Rein Vanvinckenroye : guitare, chant
Natalie De Man : chant

Mail : thecravingdeer@clearwire.be
Tél : 0032 474 29 61 64
Site : www.myspace.com/thecravingdeer
http://nl-nl.facebook.com/pages/The-Craving-Deer/167967356564957
www.vibrationclandestine.com/membres/the_craving_deer