Fred Fromet

Fred Fromet, çà Fromet !

Un délice satirique, Fred Fromet ne pèse pas ses mots pour le plus grand plaisir de nos oreilles ironiquement sensibles. Nouveau trouble-fête hilarant de France Inter (tous les vendredis à 17h55 dans « Si tu écoutes, j’annule tout »), il a rassemblé quelques-unes de ses compositions caustiques dans un recueil tout simplement nommé « Ça Fromet ! » paru le 6 Novembre. Nous avions quelques questions à lui poser.

 

Fred Fromet ne pèse pas ces mots !

 

Ancien ingénieur informatique en gestion financière, qu’est-ce qui t’a réellement poussé à changer de vie ?
L’informatique ? Encore ? C’est une légende qu’on me ressort régulièrement. Auparavant j’étais jockey semi-professionnel. J’ai dû abandonner le jour où l’on m’a diagnostiqué une allergie au crottin de cheval. A présent je passe mes journées à glander avec une guitare à portée de main. Je crois que c’est Arno qui revendique chanté pour ne pas avoir à travailler. Pareil.

Dans les 17 chansons, tout le monde en prend pour son grade. Ne crains-tu pas quelques retombées ? Fred Fromet, ne craignez-vous pas de devenir l’arroseur arrosé ?
Pardon mais vous faites erreur. J’aime tout le monde. Je suis un peu le dalaï-lama de la chansonnette, le rideau orange en moins.

Coulibaly Coulibalo, adaptation de Bali Balo chanson populaire, est géniale. Elle n’a pas été difficile à écrire ?
« Géniale », comme vous y allez ! Forcément difficile compte tenu de la charge émotionnelle de l’événement. Elle m’est venue comme une catharsis. Écrite dans l’urgence de présenter ma chansonnette du vendredi dans « Si tu écoutes, j’annule tout » sur France Inter. Cette semaine-là, dans l’actualité, c’était Charlie Hebdo ou les soldes.

 

Coulibaly Coulibalo de Fred Fromet ! Génial !

 

Chapeauté par les Ogres de Barback, c’est plutôt pas mal. Comment les as-tu rencontrés ?
Sur Meetic. Ils cherchaient un plan à 5. J’ai pris peur quand j’ai vu rappliquer leur fanfare béninoise.
Plutôt pas mal ? Extraordinaire, oui ! Je n’y crois toujours pas. Je suis fan des Ogres depuis très longtemps. Aussi bien de leur talent et univers artistiques que de leurs évidentes qualités humaines : gentils, humbles, ouverts, généreux, droits, concernés, sensibles, sobres et discrets. Ce qui, j’espère ne pas trahir un secret, compense avec leur engagement récent pour Les Républicains.

Fred Fromet, votre spectacle affichait complet lors du dernier festival d’Avignon, des millions de vues sur le net, quels enseignements en tires-tu ?
Pour vivre heureux, il vaut mieux rester caché. Bon, concernant l’affluence aux spectacles, c’est super (j’aime l’idée que les gens se rassemblent, ne serait-ce que pour me voir faire le clown). A propos du Net, je découvre à quel point c’est un sac à vomi. Si vous saviez le nombre d’internautes qui m’invitent à « mettre ma guitare dans [mon] fion et à fermer [ma] gueule » (je n’ai pas encore essayé mais je pense que j’aurais du mal à me taire avec une six-cordes dans le fondement). Les pires sont ces fameux « imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». Une chansonnette où je brocarde une région (à vrai dire pour mieux dénoncer les clichés) et c’est l’assurance d’un déferlement d’insultes.

Dans quelques semaines, « Ça Fromet ! », des dates prévues jusqu’en septembre 2016, penses-tu déjà à la suite ?
Oui. J’aimerais devenir champion du monde de trottinette électrique. Mais pour le moment, je me contente de lire et d’écrire quotidiennement, avec grand plaisir. Je n’ai aucune ambition, dans la chanson comme ailleurs (pour la trottinette électrique, je blaguais). C’est ma part de lucidité.

 

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