Tchong Libo©Dominik Fusina

Tchong Libo

 

 En réalisant Influence, son premier album solo, Tchong Libo, le chanteur du groupe reggae Broussaï, s’affranchit de l’identité de celui-ci pour se mettre sur le devant de la scène avec un album au son résolument moderne enrichi par une expérience de dix années avec Broussaï. Entre reggae et hip-hop, entre New York et la Jamaïque, Influence constate, dénonce la société, le rythme effréné par des textes fins et acérés. Portée par un flow percutant, la musique s’immisce quelques fois dans le dub et les musiques électroniques actuelles. Influence, disponible le 20 mai est résolument un bon opus solo.

 

Tchong Libo et son album solo, Influence, l’interview !

 

 

Tchong Libo©Dominik Fusina
Tchong Libo©Dominik Fusina

Influence est né suite à tes expériences entre New York et Kingston. La différence de rythme de vie a-t-elle été choquante et déstabilisante ?
Oui ces 2 villes m’ont énormément influencé dans mon parcours artistique, même avant d’y avoir séjourné. Kingston est le berceau du reggae et New York a vu naître le mouvement Hip-hop, mes 2 courants musicaux, mes principales inspirations… Et au-delà des différences de développement structurelles et logistiques, j’ai retrouvé de nombreuses similitudes entre les populations de ces 2 métropoles. Notamment dans l’envie de réussir et d’entreprendre. Les Jamaïquains sont très débrouillards, ils veulent s’en sortir pour vivre mieux ; et les New-yorkais ont aussi cette ambition de réaliser des projets concrets. Oui c’est vrai, la notion du temps n’est pas la même, sous les Caraïbes, on n’est moins pressé et moins anxieux des secondes qui passent, mais j’ai trouvé New York très fluide comparé à une mégalopole comme Paris, beaucoup plus stressante. Là-bas, on a l’impression que tout est possible, ça bourgeonne de créativité au niveau culturel, musical, artistique…

 

 Dans Ruff Road comme dans Vers les étoiles, tu te livres. Cette auto-analyse est-elle un exercice difficile ?
Non, ce n’est pas un exercice particulièrement difficile, au contraire c’est un exutoire. Plus on vieillit et plus on a besoin de raconter son vécu, ses expériences, ses émotions, douloureuses ou joyeuses… Ça fait du bien de se livrer, il y a une sorte de psychothérapie là-dedans. « Ruff Road » parle de la difficulté à exister en tant qu’artistes indépendants et libres, tandis que « Vers les Étoiles » est la suite du titre « Pile Ou Face », déjà très intime qui aborde les ardentes péripéties de mon adolescence.

une tournée jusqu'à la fin de l'hiver.

 Dans Pas à vendre tu dis : « album solo, enfin sans concessions ». Avec Broussaï, les producteurs, y aurait-il eu des points de désaccord ?

TCHONG LIBO©Mister lolOx
TCHONG LIBO©Mister lolOx


Broussaï a toujours été en auto production et totalement indépendant, donc les points de désaccords ne viennent pas d’un producteur mais des membres fondateurs du groupe. Construire un projet à plusieurs c’est tout une aventure humaine ! Chacun a ses goûts, et dans Broussaï tout le monde donne son avis sur chaque texte, chaque mélodie, chaque composition, chaque arrangement, chaque mix d’un instrument, sur le mastering, sur la pochette, les affiches, les t-shirts… etc. Et c’ est très rare actuellement dans un groupe ayant ce niveau, chaque membre a le même poids dans la prise de décisions. Tu comprendras pourquoi, j’étais heureux de pouvoir m’épanouir dans un album solo, où après discussion avec mes beatmakers (dont certains sont dans Broussaï), j’étais le seul à juger la finalité de mes choix artistiques.

 

 Trois featuring sont sur l’album, Patko, SingJoss et Karma. Peux-tu nous présenter ces 3 MC et chanteurs ?
J’ai voulu faire ça en famille, avec des chanteurs qui ont du talent et qui gravitent autour de moi depuis des années. Patko est un chanteur reggae originaire du Surinam, il était régulièrement invité sur scène (Paris, Mâcon, Grenoble, Reggae Sun Ska, Summer Reggae…) à partager un morceau pendant notre tournée Kingston Town avec Broussaï. Sur le morceau « Wake Up & Live » il amène ce côté rugueux et rauque que j’aime retrouver chez les chanteurs jamaïquains. Singjoss est le chanteur du groupe Stormillianz (Soul Funk Reggae), c’est un vocaliste hors pair éduqué au gospel et la black music américaine. Le titre « Sur le Macadam » obtient une ampleur Soul Music à donner la chair de poule grâce à sa prestation… Et bien sûr, Karma (2e chanteur de Broussaï), mon acolyte depuis tant d’années, était obligé de venir poser sur mon album solo, mais pour une fois on a fait quelque chose de complètement différents, un rap West coast funky racontant nos années collèges… Sur ce disque, il y a aussi 3 autres interprètes qui viennent prêter main-forte sur mes refrains : Wesley Brown sur « New York City », Naya Kway sur « Wicked Sound » et Yeloo Nigah sur « Ruff Road » et « Rude Boy Town ».

 

 As-tu des premières dates de concerts de programmées ?
Oui de nombreux concerts seront bientôt annoncés sur mon facebook (https://www.facebook.com/TchongLibo) avec une tournée jusqu’à la fin de l’hiver.

 

Le mot de la fin :
Merci à Vibration Clandestine et à tous ceux qui soutiennent la musique indépendante et libre. MAXIMUM RESPECT

FACEBOOK : https://www.facebook.com/TchongLibo

YOUTUBE : https://www.youtube.com/channel/UCwXVHbtHZdXQpdDlBczJ8xw

TWITTER : https://twitter.com/TchongBroussai

 

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